La Ruche qui dit Oui !
Le nectar des circuits courts ! C’est tout nouveau, tout frais, presque autant que les courgettes ou les yaourts que les producteurs locaux s’apprêtent à livrer chaque semaine à de nouveaux groupements de consommateurs. La formule s’appelle « La Ruche qui dit oui » et essaime de Toulouse à Paris.Parce que raccourcir et relocaliser les circuits de distribution, du producteur aux consommateurs, sont des actes politiques, La Ruche qui dit Oui ! s'associe à la campagne "Tous candidats" ! Elle a largement participé à la diffusion de la campagne.
Voir le site de la Ruche qui dit Oui !
Le reportage réalisé sur Global Mag (Arte, 29/11/11) :
Interview Guilhem Chéron, directeur
Designer industriel, promoteur de l'alimentation domestique, auteur de partitions de cuisine, cuisinier-professeur, scénographe culinaire, Guilhem Chéron est une sorte de pudding dans lequel on aurait mélangé les ingrédients suivants : création, alimentation, proximité, sensualité, accessibilité, convivialité... Autant à la pointe qu'à la marge, il a imaginé en 2010 La Ruche qui dit Oui ! et en assure aujourd'hui la direction.
Après seulement 3 mois d'existence, la Ruche qui dit oui ! compte 22 ruches ouvertes, 205 en construction et un bel accueil médiatique, pourquoi ?
Les Amap, les Jardins de Cocagne, les multiples formules de paniers ont montré qu'il y avait une forte envie de la population de raccourcir les circuits de distribution et de créer des ponts entre consommateurs et producteurs. La Ruche qui dit oui ! offre un outil qui permet d'optimiser cette nouvelle façon de commercer. Notre plateforme informatique décuple les énergies, permet à chaque responsable de Ruche d'exprimer ses convictions. Libérer la création dans une société pressurisée, c'est appréciable... et apprécié !
Une ruche est-elle forcément urbaine et réservée aux cartes Gold ?
Pas du tout, les Ruches sont incroyablement plurielles. On en trouve en ville, à la campagne, dans des zones pavillonnaires. L'objectif est de proposer des produits de qualité à un prix acceptable par tous. Le concept est déclinable partout quelque soit le pouvoir d'achat.
Les responsables de Ruche sont à 100% des femmes, est-ce parce que la reine des abeilles n'a jamais été un roi ?
Peut-être... Sans doute aussi car le poste de responsable de Ruche demande des qualités relationnelles importantes. Il faut aussi une bonne dose de diplomatie, d'humilité, avoir le sens du commerce et du contact. Dans les sociétés traditionnelles, ce sont les femmes qui fédèrent la communauté. Il semblerait qu'il en soit de même dans les Ruches même si les bourdons restent les bienvenus.
Avec la Ruche qui dit oui ! les légumes se distribuent dans les garages, dans la rue : avez-vous l'impression de faire de la résistance ?
Oui et c'est plutôt jouissif. D'autant que dans notre aventure, tout le monde y trouve son compte. Le responsable de ruche est rémunéré, ce qui lui permet de nourrir sa famille et son énergie. Notre outil permet de mieux payer les producteurs, de créer du lien, de l'emploi et de démocratiser l'accès à une alimentation de qualité. Si l'on n'a pas la prétention de changer la société dans son ensemble, notre expérience met un grain de sable dans le système et pourra, à terme, contribuer à le faire changer.
Dans 5 ans, il y aura des Ruches partout ?
C'est l'objectif. Je verrai bien plein de modèles de ruches différentes, dans les comités d'entreprise, dans les gymnases, dans les grandes villes et les micro-villages. Si la mayonnaise prend, les groupements de consommateurs seront encore plus entendus et pourront peser dans la balance des orientations agricoles. Aujourd'hui déjà, les circuits courts réorganisent peu à peu la profession. La Ruche qui dit oui ! s'inscrit dans une démarche de long terme. Plus on sera nombreux, et plus il sera facile de détourner l'avion.
Vous avez tout de suite adhéré à la campagne Tous candidats, pourquoi ?
D'abord, parce que sans le film « Solutions locales, désordre global » produit par le mouvement Colibris, je n'en serais peut-être pas là. Pour une fois, je n'ai pas été écrasé par le poids des accusations mais au contraire, j'ai pris conscience qu'il était possible de changer le monde, chacun à son échelle. Notre programme permet d'agir sur l'alimentation, le bio et le local. Derrière notre slogan « Manger mieux, manger juste », c'est toute une dynamique économique et écologique que l'on souhaite activer. Aujourd'hui plus que jamais La Ruche qui dit oui ! est candidate au changement, dans l'assiette et dans les champs.
Votre slogan pour la campagne ?
Prenons le bien par la racine !
Trouvez une Ruche près de chez vous sur le site www.laruchequiditoui.fr







