De l’économie à l’économisme
D’abord utilisé comme monnaie d’échange pour le troc, l’argent ne représentait alors que des biens tangibles, des richesses réelles.
Il participait pour un groupe de personnes à l’« économie », étymologiquement à la bonne gestion de la maison.
Avec la société industrielle et la mondialisation économique, nous assistons à une financiarisation du monde, où tout ce qui n’a pas un prix n’a pas de valeur.
Inversement, les biens vitaux – la terre, l’eau, les ressources naturelles – peuvent être dilapidés contre de l’argent.
Par la spéculation, l’argent a acquis le pouvoir de se générer lui-même et devient virtuel.
Sur la totalité des échanges monétaires mondiaux annuels (474,5 billions de dollars), moins d’1% représentent des transactions commerciales de biens et de services réels (4,3 billions).
Le reste est attribuable à des placements financiers, en quête de profit maximal.
Du bon usage de l’argent
L’argent n’est plus aujourd’hui thésaurisé comme autrefois.
Placé dans les banques, nous n’avons plus de contrôle sur l’usage auquel il est dévolu.
A titre d’exemple, le commerce mondial de l’armement représente 750 milliards de dollars, soit 7 500 fois le budget annuel que l’ONU alloue à l’environnement.
Quatre jours de dépenses militaires des Etats-Unis équivalent au coût total du plan des Nations Unies pour stopper la désertification dans le Tiers-Monde.
Au niveau individuel, dans nos actes quotidiens de consommation, il est courant de rechercher les produits les moins chers.
Or, ceux-ci sous-entendent généralement l’exploitation des humains qui les ont produits et celle des ressources naturelles impliquées, le tout pour une qualité médiocre.
La solution ne serait-t-elle pas de consommer moins
mais mieux ?
Que faire ?
L’argent ayant acquis un pouvoir totalitaire, il nous revient la responsabilité de savoir à quelle fin nous l’utilisons.
En tant que consommateurs, bien plus encore qu’en tant qu’électeurs, le pouvoir est entre nos mains.
L’alternative première consiste à consommer moins pour vivre mieux, à limiter le superflu et à opter pour la sobriété heureuse.
Il s’agit également de choisir ses achats en conscience, privilégiant, autant que possible, les productions respectueuses de l’humain et de la nature : locales, équitables, artisanales, biologiques ou écologiques.
Il est possible de faire de la "consom'action".
Parallèlement, s’autonomiser du règne de l’argent en répondant à ses besoins vitaux par soi-même et par l’échange et l’entraide fait partie des alternatives indispensables pour l’avenir.
Les Systèmes d’Echanges Locaux (S.E.L.) permettent à ce sujet la mutualisation des savoir-faire et la création de lien social.
Enfin, les banques solidaires et coopératives offrent l’opportunité de placer son argent entre de bonnes mains et à des fins positives.
Quelques livres
Au delà du bio : la consom'action, Jean-Pierre Rimsky-Korsakoff, Editions Yves Michel, 2003
Comment régler ses comptes avec l'argent, Marie-Claude François-Laugier, Editions Payot & Rivages, 2001
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Perdre sa vie à la gagner ?
La richesse est devenu le critère premier de classification des pays – développés, sous-développés, les moins avancés – et des individus au sein d’un même pays – par catégorie sociale ou niveau de revenu –. Celui qui n’a pas d’argent est condamné à l’exclusion et à la négation de ses droits fondamentaux.
Avec le travail salarié, les individus gagnent l’argent qu’ils dépensent ensuite pour répondre à leurs besoins vitaux, au risque de perdre leur vie à la gagner.
Le « vivre pour travailler » s’est substitué au « travailler pour vivre » et l’idéologie du « toujours plus » a réduit les relations sociales à un rapport marchand de producteur-consommateur.
La croissance du PIB est accompagnée parallèlement d'une croissance de la pauvreté, des exclusions et du mal-être.
Economies informelles
Un nombre important de peuples au PNB insignifiant doivent leur survie à l’économie informelle, basée sur la résolution directe de leurs besoins vitaux, la mutualisation des services et des compétences, la réciprocité et la solidarité entre les générations.
Plutôt que de vouloir à tout prix leur insuffler notre modèle occidental de « développement », peut-être devrions-nous nous inspirer de leurs systèmes autonomes qui ont su perdurer à travers les siècles.
L’idéologie du « toujours plus » n’étant pas viable sur une planète aux ressources limitées, une nouvelle logique est à incarner, basée sur la revalorisation de l’économie informelle.
De plus en plus d’individus au sein même des pays développés expérimentent déjà de nouveaux modes de vie basés sur le retour à la terre, la sobriété, l’échange, l’entraide et la coopération.
Quelques liens
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