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Découvrez, ou re-découvrez, ce qui s'est passé à l'Académie le weekend des 10 et 11 octobre 2009 !
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Pour voir toutes les photos du Forum, allez voir le diaporama sur Flickr ! (©Fanny Dion et ©Patrick Lazic)
Il est important pour nous de pouvoir évaluer cet événement afin de bien préparer ceux qui suivront. C’est pourquoi nous vous proposons aujourd’hui de donner votre avis. Si vous avez quelques minutes, vous pouvez remplir le formulaire d'évaluation du Forum !
Lors de ce week-end, la créativité a foisonné (phase d'émergence le samedi), et des ateliers ont travaillé sur des propositions concrètes (phase de convergence le dimanche). Et cela grâce aux techniques du Forum Ouvert .
Vous pouvez télécharger ci-dessous les rapports des deux journées :
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Plusieurs groupes ont manifesté l'envie de poursuivre cette réflexion collective, et de matérialiser ce travail dans une plate-forme collaborative. Nous avons mis en place le réseau Colibris , en utilisant la plate-forme NING. Vous pourrez :
Ce réseau social est notre moyen de rester en contact et de continuer à collaborer entre nos rencontres physiques. |
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"Expérience riche riche riche pour moi. Et pas anodine…"
"Merci pour cette très belle expérience, "l'onde de choc" continue son travail et le sourire incrusté dans le visage est là pour un bout de temps !"
"Week-end extraordinaire !!! J'ai l'impression de revenir d'un grand voyage..."
"Merci à vous toutes et tous de m'avoir permis de vivre cette expérience collective d'intelligence et de partage, ça peut vous faire sourire, mais ça m'était peu arrivé dans ma vie professionnelle jusque-là ."
"Merci aux sourires permanents des "hôtesses" au bar, aux rencontres faites à l'improviste."
"Transmettez tous mes remerciements à l'équipe d'organisation de ce weekend Colibris à Saint-Denis. Vous avez tous fait un super travail de préparation."
"Merci du fond du cœur à toute l'équipe de nous avoir permis de vivre ce moment magique, unique qui s'imprime en toi et qui te fait faire quelques pas de plus (parfois de géant) sur ton chemin. Tous mes amis, ma femme et moi étions dans la joie profonde la confiance et la sérénité hier soir."
"Un grand merci à vous les organisateurs, les bénévoles... Merci de votre générosité, de votre bienveillance."
"Restons optimistes, nous sommes sur le chemin. Continuons cette grande oeuvre !"
"Je viens vous remercier pour la qualité et la formidable énergie déployée au succès de cette rencontre. Un grand bravo !"
"C'était un événement d'une grande richesse, plein d'élan, d'ouverture à tous les possibles. c'est la VIE qui circule et s'exprime dans ce qu'elle a de meilleur... un moment plein d'espoir, de belles rencontres et de partage. "
"J'en ai encore la tête et le coeur dans les étoiles."
Le magazine Nouvelles Clés avait envoyé quatre observateurs/participants au premier forum national des Colibris. Leur idée est de suivre le processus pendant toute l’année, jusqu’au forum suivant, prévu aux Amanins, en juillet 2010. Trois d’entre eux nous donnent ici leurs premières impressions.
Inventer le monde dans lequel on veut vivre, se battre, réussir parfois, échouer souvent, se moquer de l’ingratitude, avoir un souci de vérité, même si cela déplait, mettre sa bonne volonté, boiteuse, fragile, à bien faire ce que l’on a à faire, c’est un devoir d’humain. C’est aussi la volonté du colibri qui s’attache à apporter sa goutte d’eau pour éteindre les feux qui enflamment la planète. « Le peu, le très peu que l’on peut faire, il faut le faire quand même » disait déjà Théodore Monod. C’était son credo et le grand naturaliste s’attacha à l’appliquer tout au long de sa vie, défenseur de la nature, ennemi de la guerre, militant des droits de l’Homme et aussi de ses devoirs. La société a besoin de grains de sable pour enrayer ses mécaniques trop bien huilées, et l’homme a besoin de rêves et d’engagements. Il faut donc agir pour faire entendre sa voix de citoyen pour construire le présent et orienter l’avenir et c’était là l’esprit qui soufflait sur les rencontres de ce premier forum Colibris.
L’envie d’aider donne des ailes, on le sait. On l’a vu. En un tourbillon de propositions généreuses, brouillonnes, utopistes ou réalistes, animées par ces ateliers d’un genre nouveau. Un forum ouvert d’écoute et de parole, où l’on pose des questions avant d’apporter des réponses, où l’on invite chacun à faire entendre sa voix plutôt que d’appliquer des recettes toutes faites, où l’on préfère l’innovation au prêt-à -penser, ce n'est pas rien. Un processus innovant, créatif, collectif, une vraie idée neuve dans un monde qui n’en offre que très peu. Cette graine plantée dans les esprits va-t-elle germer, se multiplier, prendre son envol, faire boule de neige ? On l’espère. On verra. L’essor des villes de transition qui y fut évoqué et est en train de s’amplifier, a fonctionné comme cela. Sur la lancée de Totnes, dans le Devon, en Angleterre qui fut la première à entamer ce processus d’autosuffisance et de décroissance énergétique, 130 villes ont suivi principalement au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada et plus de 700 sont au stade premier du processus, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Japon, en Belgique et même en France. En combien de temps ? En trois ans seulement. Sans l’appui des grands médias. Par le bouche à oreille relayé par le web citoyen qui met en réseau toutes les initiatives, rapporte les avancées de chacun sans écarter les difficultés rencontrées, offre des outils, précis, pratiques, pour mettre en œuvre la foule d’initiatives qui y sont liées.
Une démonstration que les citoyens d’aujourd’hui sont avides de solutions positives qui engagent leur participation et leurs compétences. Souhaitons aux initiatives de Colibris, la même envolée. On y croit. On n’y participera. Car prendre les problèmes un par un, ne pas attendre pour en résoudre un d’avoir trouvé la solution pour les résoudre tous, se rassembler, mettre ses savoirs en commun, écouter surtout les choix des uns et des autres pour inventer un autre monde, c’est aussi le rêve et l’ambition de Nouvelles Clés.
Philippe Jost
Participer au premier forum Colibri. Le thème est ambitieux, digne de l'activité d'un colibri : Comment les actions locales peuvent participer au changement de la société ?
Pour aider à la réalisation, une architecture de rencontre appelée méthode du "Forum ouvert" où chacun devient co-créateur de l'événement en cours. La méthode est attrayante. Le propos n'est pas moins ambitieux. Il a fallu se jeter à l'eau. Deux cent quarante personnes assises en cercle ont plongé pendant deux jours en compagnie d'une dizaine de gentils meneurs de jeu, et avec la discrète présence de Pierre Rabhi.
Le lieu était propice, l'académie Fratellini, lieu ludique, vaste, ouvert, en bois, des charpentes, des poutres, de la lumière, c'est là que des jeunes gens travaillent chaque jour à des exercices acrobatiques. Notre weekend ne le fut pas moins.
Car enfin, il s'agissait de quoi ? Réapprendre l'humain dans le monde d'aujourd'hui. Passer des actions locales à la dimension globale - sociétale, internationale, planétaire –, et revenir de la dimension globale aux actions locales. Relier le virtuel au concret. Fonctionner avec le cerveau droit autant qu'avec le gauche. Ne pas craindre le chaos, mais être dans une dynamique audacieuse qui, osant le chaos espère en voir surgir une logique nouvelle, non plus excluante, mais foisonnante, bousculante, dans ce mouvement incessant, ordre et désordre mêlés, qui est celui du Vivant. Bannir le mécanique, revenir à l'organique. Oser chanter, rire, se tromper, bafouiller, créer, faire tout cela ensemble pendant deux jours... J'en suis sortie ébouriffée, un peu frustrée - tant de possibles évoqués ! - pas du tout fatiguée malgré des ateliers costauds où chacun nourrissait ses semblables de son vécu et de son savoir. Il y a eu des interventions burlesques, artistiques, militantes, trop de choses pour qu'on se souvienne de tout. Une vraie diversité dans les expériences, et une réelle convergence du désir que cela se passe autrement désormais dans nos vies.
Maintenant il reste à comprendre ce que l'on a appris et à passer du savoir au savoir-faire. Ce forum n'est donc qu'un début, l'affaire est à suivre, elle ne fait que commencer...
Marie Joséphine Grojean
En vieux crocodile ayant déjà participé à pas mal de forums, colloques, congrès et autres symposiums, j’étais surtout très curieux, en débarquant dans cette magnifique Académie Fratellini, de savoir comment fonctionnait l’« open space ». Comme l’a dit Deborah Maarek avant de se lancer (avec une douceur remarquablement efficace) dans l’animation des deux journées du premier forum Colibris, cette méthode cherche à mettre en pratique ce que disent souvent les gens, quand il sortent de ce type de grand rassemblement : « C’était surtout intéressant pendant les pauses, où j’ai pu librement rencontrer des tas de gens sur des tas de sujets et nouer plein de contacts. » L’objectif était donc de faire ressembler le forum à une pause géante. Encore fallait-il savoir canaliser la spontanéité des 250 participants vers des résultats opérationnels. Toute la question était là , du moins de mon point de vue.
J’avoue qu’en dépit de la présence et des mots sublimes de Pierre Rabhi et de Cyril Dion sur les liens (finalement c’est ça) entre écologie et spiritualité, ma toute première impression concrète fut maussade, en entendant les 66 premières propositions que mes camarades accrochèrent au tableau de la « Place du Marché », où trônait pourtant, comme une devise, cette question très pragmatique : « Comment nos actions locales peuvent-elles influer sur la société ? » Je trouvais en effet que la majorité des propositions planaient très haut dans la stratosphère des bonnes intentions – du genre : « J’aimerais que nous discutions de la meilleure façon de rendre le monde meilleur. » En moi, une voix avide d’actions réelles se demandait chaque fois : so what ?
D’où ma surprise à l’étape suivante, quand les 66 ateliers s’ouvrirent, et pendant tout le reste de la journée : quel que soit le nombre de participants (parfois une foule, ailleurs deux ou trois personnes seulement, une dizaine en moyenne me semble-t-il), le tour de parole (obéissant à des règles de tolérance et d’écoute imprégnées de l’esprit de la Communication Sans Violence et du Jeu du Tao), faisait rapidement monter une mayonnaise beaucoup plus concrète que je ne l’aurais cru. Si bien que les 66 rapports que, grâce à la diligence de Marianne Mamou et d’Isabelle Pacaud, nous reçûmes le lendemain matin (après la soirée sublimissime organisée par Coline Serreau), ressemblaient franchement à un vrai début de programme, pragmatique et copieux.
Le second jour, le forum ressembla d’abord un peu aux coulisses d’un congrès socialiste. Invités à s’allier les uns aux autres, sur des problématiques convergentes, les porteurs des 66 propositions grouillèrent pendant une petite heure au pied du grand tableau d’affichage, sans que les autres participants n’y comprennent grand chose ni ne puissent intervenir. L’annonce des « fusions de listes » se fit dans un certain brouhaha, mais finalement, quand le moment arriva de coller nos six pastilles sur les projets fusionnés et que l’on compta les voix, quelque chose de tout à fait cohérent se dégagea de l’ensemble. Chacun ayant été invité à coller trois pastilles sur son projet préféré, deux sur le second et une seule sur le troisième. Et voilà que trois grandes « Priorités » se retrouvèrent, comme par hasard, largement en tête – auxquelles les trois priorités suivantes furent finalement adjointes, le peloton de tous les autres projets se retrouvant très loin derrière ces six champions.
J’étais content. Grâce au système des fusions de projets, mes trois propres priorités se trouvaient retenues – et il allait très démocratiquement (ou sociocratiquement) de même pour la plupart des participants. Si bien que l’étape suivante semblait devoir nous faire grimper d’un bon cran, vers la réalisation de quelque chose qui, certainement, aurait des chances d’influer sur toute la société. De la politique, au meilleur sens du mot.
La suite (provisoire heureusement) fut moins heureuse, du moins de mon point de vue, sans doute très partiel. Est-ce parce que la « canalisation des désirs » fut trop laxiste ? Ou parce la pression des idéalismes encore trop forte ? Au lieu de s’inscrire clairement, et surtout concrètement, dans le cadre des six grandes priorités collectivement décidées, beaucoup des « propositions d’action » du second degré repartirent de plus belle vers le ciel des belles intentions de l’amour et du bonheur universel, embrassant délibérément une, deux, trois, parfois même les six priorités à la fois, dans un meli-melo difficile à démêler. Avait joué aussi, il faut dire, le fait qu’un timing très serré nous obligea à discuter ces propositions d’action dans des ateliers soudain très speed, voire tendus, où le manque de temps frustrait aussi bien les idéalistes que les pragmatiques.
Un exploit formel fut néanmoins atteint : les quelques dizaines de « propositions d’action » (je n’ai pu noter leur nombre) étaient bel et bien rédigées et saisies avant la clôture du forum. Si bien que le bouquet final de la grande danse autour du mandala de laine, conduite par François Monet, rassembla une dernière fois les 250 participants dans un élan à l’évidence positivement tendu vers la suite d’un magnifique Grand Jeu d’intelligence collective. À suivre de près, donc.
Patrice van Eersel