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À l’image de Noyant d’Allier, agissons pour que chaque lieu devienne une terre de relations !

C’est une belle histoire que je m’apprête à vous raconter. Elle se déroule au cœur du Massif central dans une vallée de pins et de grands chênes, et plus précisément dans le village de Noyant d’Allier, une commune de 700 habitants située à vingt kilomètres de Moulins.

Au milieu des années 1950, l’État cherche des lieux susceptibles d’accueillir de façon transitoire les Français d’Indochine suite aux accords de Genève (1954). De son côté, depuis la fermeture de ses mines en 1949, la commune de Noyant est en quête d’habitant·es pour occuper les corons laissés vacants par les mineurs. Dans ce contexte, entre 1955 et 1965, 460 familles soit plus de 3000 personnes sont passées par Noyant, dont de nombreux enfants non francophones scolarisés dans le village. Si une grande partie des rapatrié·es a quitté région, l’empreinte indochinoise reste forte car certaines familles sont restées. Elles ont racheté les corons vendus pour une somme modique par la commune et ont participé à la vie locale. Si bien qu’aujourd’hui, Noyant a une attractivité touristique liée à la présence d’une pagode et d’un bouddha, en plus d’un musée de la Mine. Elle accueille 25 000 visiteurs et visiteuses par an et les commerces de son centre-bourg ne connaissent pas la dévitalisation. Sur son site internet, la commune elle-même joue le jeu, et se parle d’elle-même comme un « insolite village de France en pleine campagne auvergnate ». À Noyant, dans un territoire qui était en crise, des acteurs ont fait le pari de l’hospitalité. Et soixante ans plus tard, ce pari de l’hospitalité fait l’attractivité et la résilience du territoire.

Cette histoire n’est pas un cas isolé. À qui sait regarder, tous les territoires dévoilent des récits de la compassion, des œuvres issues de la rencontre, de liens forts et structurants qui ont permis d’ouvrir des fenêtres d’opportunités sociales et économiques. La diversité, humaine comme non humaine, est une chance pour les lieux ! À l’image de Noyant d’Allier, c’est en elle que se trouve les réponses face aux enjeux contemporains, c’est en elle que se trouve la capacité à soigner des lieux blessés.

Le Mouvement Colibris s’engage depuis les premiers jours pour rejoindre ce même horizon. « Faire sa part, ensemble », notre slogan, est aussi une invitation à tisser le lien dans les territoires. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de le rappeler car l’agenda politique, en France comme ailleurs, ferme les mondes. Il place des barrières entre les continents, entre les villes et les campagnes. Par extension, il rejoue ce qui a été pourtant déjà maintes fois dévoilé et renseigné par la géographie : uniformité et précarité sont toujours les deux temps d’un même processus. En s’enfermant, en clôturant les lieux, nous risquons de traverser des temps difficiles et des moments fiévreux.

Face à ce risque, nous serons aux côtés de celles et ceux qui, tous les jours dans les territoires, tissent le lien, changent les possibles. Nous serons auprès des collectifs citoyens, des entreprises, des élu·es, des familles et des individus qui réinventent au quotidien des écosystèmes de réussites, des tiers-lieux, des fermes de partage, des lieux d’accueil. Car le Mouvement Colibris c’est cette dame d’origine ivoirienne qui cuisine pour des enfants cévenols. C’est ce paysan qui en Sarthe reboise ses champs. C’est cette famille qui réinvente son pavillon pour l’inscrire davantage dans le paysage. C’est cette citoyenne à Marseille qui marche dans la rue pour un monde plus inclusif. Ce sont ces collectifs ici ou là qui réinventent la démocratie. Le Mouvement Colibris, c’est un feu de cheminée qui reste allumé, c’est une porte qui demeure ouverte.

À l’image de Noyant d’Allier, agissons pour que chaque lieu devienne une terre de relations !

Montez dans le bateau ! Cette aventure, nous la vivrons ensemble !

Bonne année 2024,

Damien Deville, Mouvement Colibris



Crédits photos : 

- Statue de Bouddha : Harrie Gielen, licence Creative Commons BY SA.

- Puits central de la mine : Alexandre Bourgeois, licence Creative Commons BY SA.

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