Le MagDes idées pour construire demain

Coopérez-moi ! #1

Et vous, Collectif pour une Transition Citoyenne, coopérez-vous ?


Parce que l’âpreté des crises écologiques et sociales met à rude épreuve les énergies des organisations citoyennes, nous avons besoin de dépasser nos postures idéologiques et nos habitudes, de grandir ensemble et de mettre en commun nos forces, nos moyens et nos talents. Colibris le Mag entame une série d’entretiens avec différents réseaux associatifs ou professionnels. Avec une question centrale : comment vous y prenez-vous pour mieux coopérer ?

Ingénieure en énergies renouvelables, Aliette Lacroix a travaillé sept ans dans le conseil en énergie et sur le changement climatique, puis à Enercoop. Elle anime depuis un an, à plein temps, le Collectif pour la Transition Citoyenne (CTC), qui regroupe actuellement 27 associations et coopératives.



– D’où part ce réseau associatif ? Et avec quelle intention se crée-t-il ?

Le Collectif pour la Transition Citoyenne a été un lieu de rencontre entre militants, d'abord pour mieux se connaître, puis pour porter des projets communs entre des acteurs qui font des choses très similaires mais ont chacun le nez dans leur guidon dans leur domaine respectif et coopèrent peu. Le CTC a été créé à l’été 2013 à Cluny par des acteurs d’envergure nationale, à la fois des acteurs économiques comme Enercoop, La Nef ou Terre de Liens et des associations comme Alternatiba, Colibris, les Amis de la Terre ou ATTAC. Puis d’autres structures ont rejoint le CTC, qui est devenu une association en 2015 pour porter elle-même des projets. Le premier a été  la mise en place d’une Journée de la Transition qui a lieu chaque année en septembre, et qui à présent s’appelle La Fête des Possibles : durant une journée ou un weekend, on invite un grand nombre de structures dans divers territoires à présenter leur travail et leurs actions concrètes, souvent avec une approche expérientielle ou de service pour guider les citoyens locaux.

Colibris et le CTC

Le Mouvement Colibris fait partie des membres fondateurs du Collectif pour une Transition Citoyenne. Après plusieurs mois passés à lancer cette entité ayant pour but de faciliter la coopération entre les structures de la transition, Colibris a décidé de prendre ses distances. Aujourd’hui, l’association n’est plus membre de la gouvernance du CTC mais reste partenaire en prenant part à ses projets comme la Fête des possibles, le Pacte pour la Transition…

Cette évolution soulève une problématique majeure : la création de méta-structures de type fédéral prend du temps, sans toujours aboutir à court-terme sur des réalisations concrètes. De là, peuvent naître des sentiments d’inefficacité et de frustration d’autant plus grands que les acteurs en question ont des moyens limités pour leurs propres actions.

Si Colibris répond aujourd’hui à cet enjeu par le statut de "partenaire" qui convient à ses besoins, les interrogations persistent, et la bonne façon de faire n’a pas encore été trouvée. D’où, aussi, l’enjeu de cette "enquête" en plusieurs volets : mettre de la lumière sur les réussites et les échecs de différents types de coopérations...

– Coopérer entre structures qui ne se connaissent pas toujours, on imagine que ça prend beaucoup de temps... Est-ce le cas  ? Et est-ce que ça vaut le coup à l’arrivée ?

Oui, bien sûr, ça prend du temps car la coopération demande de s’accorder sur nos visions, sur nos façons de faire, de se découvrir et faire naître des envies et des idées de coopération concrète. Car coopérer demande un changement de culture. 

“La coopération est un changement de culture dans les organisations militantes. Cela demande de s'accorder sur nos visions et nos façons de faire." 

En retour, cette coopération apporte beaucoup : elle permet de mieux connaître ce que font les uns et les autres, comment ils réfléchissent leurs actions et des sujets communs, mais aussi de communiquer ensemble et dès lors de toucher davantage de personnes, en donnant aussi une meilleure visibilité aux actions de chacun. En mettant un peu d’énergie au pot commun, on parvient à faire naître des choses puissantes qui dépassent chacun. 

– Construire cette culture et une gouvernance commune exige une forte impulsion et une réelle animation. Sans ce rôle d'animation que tu portes, l’aventure du CTC pourrait-elle continuer ?

Honnêtement, je crois que ce serait difficile, même si la gouvernance est moins prenante qu’au sein d’une seule organisation : on a seulement un comité de pilotage tous les deux mois en présentiel, à Paris pour l’instant, et une réunion de coordination à distance, plus opérationnelle, tous les 15 jours – plus des réunions téléphoniques pour les porteurs de certains projets. Et si l’on a raté une réunion, tous les échanges sont partagés grâce à des outils en ligne communs. 

“En mettant un peu d’énergie au pot commun, on parvient à faire naître des choses puissantes qui dépassent chacun.”

En outre, beaucoup des membres du réseau sont formés aux outils de la sociocratie. Du coup, sur les prises de décisions ou l’animation des réunions, on a un fonctionnement facilité et attentif à l’expression de chacun. 

Néanmoins, pour animer cette structure protéiforme, il faut connaître bien chacun de ses membres, leur culture et leur langage, donner des impulsions. Un rôle d’animation me paraît alors indispensable. Grâce au soutien financier apporté pour trois ans par la Fondation pour le Progrès de l’Homme, très attachée à la coopération entre réseaux de la transition, nous avons pu recruter un animateur en CDI, moi-même. Et on bénéficie en plus depuis un an de contrats en service civique, qui apportent des énergies et des regards neufs très précieux sur des sujets d’organisation pouvant apparaître parfois poussiéreux.

– Y a-t-il une réussite en terme d’actions ou de fonctionnement qui mérite d'être partagée ?

Le Pacte pour la Transition (1) est, selon moi, une belle traduction de notre réussite à coopérer. Ce qui me touche, c’est qu’à travers ce projet on a déjà réussi une réelle mobilisation des structures. Et cela au-delà du CTC, avec des organisations qui n’en font pas parties, aussi diverses qu’Emmaüs, Colibris, Greenpeace ou les Amis de la Terre. Il reste à présent à mobiliser les citoyens, les réseaux et publics de chacun autour de ce Pacte.

Le Pacte pour la Transition est un outil visant à favoriser et organiser la participation citoyenne pour permettre le changement dans toutes les communes, en encourageant un dialogue entre citoyens et élus dans le cadre des campagnes pour les élections municipales de 2020. Ainsi, il présente une liste de 30 mesures concrètes et applicables à l’échelle d’une commune.  Courant avril, le CTC lui dédiera une plateforme numérique pour mettre en lien, outiller et accompagner les acteurs locaux de ce Pacte.

De la même façon, je me réjouis de voir l’ancrage au fil des ans de la Fête des Possibles, à laquelle le CTC contribue. Elle se déploie dans de nombreux territoires – une centaine en 2018 – durant la deuxième quinzaine de septembre. Et ce qui est chouette à voir, c’est qu’au-delà de l’impulsion donnée par le CTC, des centaines d’associations locales s’engagent ensemble durant ces Journées.


Pour aller + loin :

- Le site du Collectif pour la Transition Citoyenne

- La plateforme dédiée au Pacte pour la Transition, où les citoyens pouvaient faire des propositions.

Commentaires

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bonjour
l'information du ctc est très intéressante nous avons crée des réunion dans un petit village aux sujet des difficulté de vie qui était intéressante mais aujourd'hui nous allons créé un bureau car les citoyen se font de plus en plus rare donc se répartir les tache et aller au marché a la rencontre des citoyens pour recréé une solidarité entre nous aujourd'hui les mairie ont du mal a nous proposée leur salle de réunion pour le rassemblement des citoyens ses pas normal

cordialement

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