Le MagDes idées pour construire demain

Chronique "L’Effet Valentine" #3

L'auto-construction : une partie de plaisir !

Ingénieure agronome de formation, Clémentine Lebon a co-écrit avec Olivier Le Naire Le Revenu de base, paru début 2017. Elle a depuis acheté avec son mari, Valérian, une longère en pierre qu’ils rénovent pour pouvoir y vivre, produire leur nourriture et proposer des animations sur l’agriculture et l’alimentation. C’est le "Projet Valentine", dont elle va nous conter l’aventure en marchant…




Nous avons acheté notre ruine en juillet et voilà presque trois mois que les travaux de la maison ont commencé. 

Vu notre profil de "babacool", les gens s’imaginaient que nous ferions tout nous-mêmes sur notre temps libre (comprendre : nos weekends). Eh bien non ! En fait la question ne s’est même pas posée. Nous avons tous les deux eu la même idée : faire faire le gros œuvre, l’électricité et la plomberie par des pros, et nous charger des finitions et des étapes moins techniques. Ça nous permettait d’éviter les accidents, de garder un peu de temps pour nous, d’avoir des travaux bien finis, d’emménager plus vite (donc d’arrêter de payer le loyer de notre appartement), tout en faisant quand même des économies. Mais surtout, nous voulions avoir le plaisir d’apprendre et de faire nous-mêmes une partie de notre maison. Ce qui est assez stimulant et réjouissant !

Cet été, nous avons donc commencé à préparer le terrain pour l’arrivée des ouvriers. Mais le vrai lancement de notre chantier participatif s’est fait début octobre quand nous avons prévu d’y consacrer deux semaines en invitant des amis pour donner un coup de main. Piquetage des enduits intérieurs de la maison, débroussaillage et élagage des abords de la maison, démolition de cloisons, démontage de parquet…  On ne s’est pas ennuyé, il y en avait pour tous les goûts. Et on a bien rigolé. Même s’il faut dire qu’après deux semaines de chantier avec des amis qui dorment par terre dans notre 30m², ça fait aussi du bien de prendre un peu de repos (et de retourner au travail !).

Fin octobre, les pros sont arrivés pour percer les ouvertures et la maison a commencé à se transformer à toute allure. Ça fait du bien au moral ! Mais pour autant, nous n’avons pas abandonné le chantier et nous continuons à passer la plupart de nos weekends à faire des travaux intermédiaires ou à comparer les marques de poêles à bois et de parquets.

En fait, à part la fatigue, tout se déroule assez bien. Même si rien ne se passe jamais comme prévu avec les vieilles maisons. En enlevant les enduits on a découvert une vieille porte 10 cm à côté d’une porte que nous voulions ouvrir ; en creusant les fondations nous nous sommes aperçus que la maison était posée sur la roche, ce qui nous oblige à nous contenter de 2m25 de hauteur sous plafond ; nous ne sommes toujours pas sûrs que le conduit de la cheminée sera assez large pour faire passer l’évacuation notre poêle... Le tout est de s’adapter et d’accueillir tout cela sereinement (ce qui marche plus ou moins bien selon les jours et l’humeur !) Mais c’est vraiment passionnant et ça permet même de développer notre imaginaire.

Non, la seule VRAIE galère, ça a été le sablage des poutres et des murs il y a un mois. Un couple d’amis est venu nous aider, et ils ne se doutaient pas de ce qu’ils allaient vivre. Le transport de centaines de kilos de sable (mes cuisses en ont gardé des bleus trois semaines !), la projection en tenue de cosmonaute avec arrivée d’air pour éviter de s’asphyxier, et surtout, surtout… le temps infini que cela met pour décaper correctement des poutres noircies par la fumée. Résultat : à 20h le dimanche soir nous y étions encore grâce au projecteur du voisin qui nous permettait de travailler de nuit. Initialement on avait prévu d’illuminer la maison avec les phares de la voiture, mais en manœuvrant nous l’avons embourbée dans la prairie, ce qui n’a pas franchement amélioré notre moral… Heureusement que nos voisins sont bricoleurs et qu’ils accueillent amicalement les petits jeunes qui s’essayent aux travaux manuels !


Clémentine

Saint Nolff, le 2 janvier 2018




Commentaires

Que de très bons souvenirs !!
La tenue de scaphandrier , du sable en pagaille des combles a la cave!Le curetage des joints entre les briques !
Nous aussi, avons isolé par l’interieur pour préserver le cachet extérieur de cette toulousaine, laissé les briques apparentes d’un mur de 8 m .... les murs font 50 cm d’épaisseur :belle inertie thermique ( consommation de gaz vérifiée et belle fraîcheur estivale intérieure )
Nous vivons cette maison différemment vu notre investissement perso ( gros œuvre aussi par les gens du métier)
Nous l’avons habitée alors qu’elle était loin d’etre finie en la « savourant »,avons fait les finitions et avons rectifié quelques petites erreurs découvertes a l’usage ...
DONC VRAIMENT PRENDRE SON TEMPS !!! Pas tout, tout de suite ..!!
Bon courage !!!

Ajouter un commentaire