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Le Domaine Saint Roch, une oasis belge multifacette

Ancienne forge située à Couvin, en Belgique, à quelques kilomètres de la France, le Domaine Saint Roch s’étend sur quarante hectares de terres, et bouillonne de vie depuis un an et demi. Trois familles s’y sont installées avec la ferme idée d’y vivre et d’y faire fleurir de nombreux projets : habitat groupé, production et transformation paysannes, école démocratique... Récit d’une belle histoire en construction.


Crédits photo : Domaine Saint Roch


Alexis, tu es cofondateur et habitant du Domaine Saint Roch. Peux-tu nous dire deux mots sur ce qui vous a poussé à changer de vie et à développer ces projets ?

Mon épouse et moi avions ce projet en tête depuis longtemps, avant même notre rencontre ! Nous sommes très soucieux de l’état du monde et de l’avenir de nos enfants, et nous voulions faire un petit pas de plus pour amener plus de cohérence dans nos vies. Ce fut un réel coup de chance de tomber sur ce lieu il y a quatre ans, et tout s’est mis en place très rapidement. Nous avons commencé par de gros travaux pour tenter d’assurer la pérennité financière du lieu, en réaménageant les gîtes et les salles de séminaires et de réception. Tout s’est précipité avec le confinement, qui nous a poussés à vraiment tout lâcher à Bruxelles et venir nous installer à Saint-Roch.

Les Oasis de Colibris ont clairement été une source d’inspiration majeure ! Nous cherchons à intégrer en un lieu tous les projets qui font sens à nos yeux : habitat groupé, école démocratique, production maraîchère inspirée de la permaculture et de l’agroécologie, forêt jardin, espaces communs, boulangerie, coworking, logements pour des gens de passage, magasin de produits locaux, organisations d’événements ouverts sur la région, comme notre festival Crescendo, ou des formations avec le réseau Transition.


Comment ce projet a-t-il été accueilli par les acteurs publics et les citoyens ? Se construit-il en relation avec le territoire ? L’école démocratique, par exemple, répond-elle à un besoin local ?

L’idée est clairement de s’ouvrir au maximum vers l’extérieur, de créer des liens avec la collectivité et les citoyens. Nous avons la chance d’être dans une région qui foisonne d’initiatives en tout genre mais avec peu de lien entre elles, et peu de visibilité. Parmi les citoyens déjà engagés et les associations, notre initiative a été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme. Par contre, nous avons fait une présentation au collège communal et il n’y a eu, pour ainsi dire, presque aucune réaction.  Mais ils nous ont reçus, nous ont écoutés, et maintenant ils savent qui nous sommes et ce que nous faisons, ce qui est déjà positif en soi ! Nous allons continuer à les solliciter et à les tenir au courant des avancées, en espérant qu’ils y trouvent un certain intérêt à terme. Mais notre but est clairement citoyen et à destination des citoyens.

Nous aimerions en outre lancer une discussion avec la commune autour des habitats légers : yourte, roulotte, tiny house, kerterre, maison en ossature bois, auto-construction… Les élus locaux y sont pour l’instant assez opposés. Nous sommes convaincus que c’est un mouvement qui prend de l’ampleur et que les pouvoirs publics devront adresser cette demande qui émane d’une part grandissante de la population.

Nous savons bien que les défis futurs devront être relevés par le collectif et nous n’adhérons pas à une vision survivaliste ou isolationniste. C’est pour ces raisons que nous mettons beaucoup d’énergie à aller à la rencontre des personnes. Le lieu est idéalement situé pour apporter et communiquer sur une autre vision du monde. En effet, nous sommes à l’entrée de la ville, au bord d’une nationale, en face de la gare et d’un centre commercial. Ce que nous perdons en silence et en calme, nous le retrouvons en visibilité et en sensibilisation locale.

En ce qui concerne l’école démocratique, nous nous sommes lancés un peu dans le vide, sans très bien savoir si cela allait avoir du répondant dans la région. Et nous sommes assez surpris de l’engouement que notre projet suscite ! Nous sommes contactés tous les jours par des familles qui voudraient prendre part au projet, ou par d’éventuels bénévoles. Certaines personnes sont même prêtes à déménager dans la région car ils trouvent notre projet super inspirant !


Crédits photo : Domaine Saint Roch

 

Un lieu de vie, une école, une boulangerie… Comment voyez-vous la multifonctionnalité au sein de votre projet ? Et de quelle manière est-ce perçu, par des financeurs par exemple ?

Nous avons la grande chance d’avoir un lieu avec de nombreux espaces différents que nous pourrons réaménager, voire reconstruire. Le projet s’est conceptualisé petit à petit, au gré des lectures et des rencontres. Nous souhaitons réellement créer un lieu rempli de vie, de mouvement, de rencontres, de travail et d’apprentissage. Cela fait sens, car on parle ici de mini-village, en lien avec la ville et la nature.

Les financeurs du projet adorent justement le côté multifacette. Nous avons des personnes hyper compétentes avec une vision claire de leur projet et en lien avec les valeurs du lieu, que ce soit pour le maraîchage, la brasserie, la boulangerie, la forêt jardin ou l’école démocratique. Nous n’avons pas encore tous les porteurs de projets mais, la vie étant faite de synchronicités, nous tombons – pour l’instant du moins ! – toujours sur les gens que nous cherchons, et parfois sur des gens que nous ne cherchons pas mais qui complètent parfaitement notre projet.


En ce moment, de quoi avez-vous besoin ? Comment les colibris peuvent-ils vous aider ?

Nous sommes en pleine campagne de financement participatif pour notre école démocratique, les Herbes Hautes. Nous cherchons des fonds pour acheter du matériel et aménager nos espaces. Vous pouvez trouver notre campagne sur la plateforme Bluebees. Toute aide, aussi minime soit-elle, est la bienvenue !

Nous commençons à peine à communiquer sur notre projet et nous pensons que plus nous serons connus et reconnus, plus cela nous facilitera la tâche pour réaliser ce dont nous rêvons. Donc le fait de nous accorder cette interview est déjà un super coup de pouce !

Pour les deux à quatre prochaines années, le programme est déjà bien chargé et le plan d’action très clair : création d’un Community Land Trust – organisme foncier solidaire – , rénovation des bâtiments pour faire deux nouveaux logements, rénovation d’autres espaces pour lancer le café citoyen, la boulangerie, la légumerie, la micro-brasserie et le magasin. Nous n’avons pas encore les deux autres familles qui pourraient rejoindre le lieu, et cherchons plutôt des personnes avec enfants pour nous aider dans le projet d’école, mais l’horizon de deux à trois ans nous laisse le temps de voir venir…


Pour aller plus loin

Le site du Domaine Saint Roch 

La page du projet sur la Fabrique des colibris 


Crédits photo : Domaine Saint Roch

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