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Chronique : La Bergère des Corbières #7

L'éco-pâturage, un métier d'avenir pour les brebis !


Elle aurait dû être prof de gym, elle sera calligraphe dans le Gers, durant treize ans. Puis en 2007, Florence Robert choisit une vie au contact des animaux et de la nature. Elle devient alors bergère et crée la Ferme des Belles Garrigues à Albas, dans l’Aude. Parallèlement à son activité agricole, elle écrit. En préparation, un livre autour du sort réservé aux orangs-outans et aux forêts primaires dans le monde…



Les mises bas sont derrière nous, et tout le monde va bien, brebis, agneaux, chèvres et chevreaux. Même Pépette nous a fait un joli ânon. Grâce à l'homéopathie, il semblerait que nous ayons évité une maladie que je crains particulièrement : l’ecthyma. Vive les soins alternatifs ! 

Depuis deux semaines, le troupeau (400 animaux maintenant) est réparti entre différents parcs photovoltaïques. Nous y faisons de l'éco-pâturage. C'est un terme qu'on voit fleurir dans la presse régulièrement. Il s'agit tout simplement de remplacer les machines par des troupeaux pour débroussailler ou tondre. La convergence d'intérêt est nette : les gestionnaires des parcs profitent d'un débroussaillage naturel et améliorent leur image au passage. Nous, nous profitons de parcs fermés et surveillés au moment où les mères ont leurs petits. Dans les parcs elles peuvent manger à volonté et quand elles le veulent, ce qui n'est pas le cas en gardiennage où elles ne disposent que de sept à huit heures par jour pour manger. 

De plus, les panneaux fournissent de l'ombre et une protection contre la pluie. Les parcs photovoltaïques sont habités par de nombreux animaux comme nous pouvons le constater régulièrement : perdrix, passereaux, lapins... En effet, les insectes, favorisés par les crottes laissées par les brebis, constituent la nourriture privilégiée de nombreux oiseaux. Malgré le caractère industriel de ces équipements, il est évident qu'ils servent de « réserve » à une partie de la biodiversité. Et nos brebis les adorent, se jetant dedans dès que la porte s'ouvre. Elles y trouvent paix, confort et nourriture... que demander de plus ? Nous explorons donc au quotidien cette vertueuse synergie entre l’industrie humaine et l’élevage.

Pépette et Samiton à un jour

Pour une autre société, nous faisons pâturer les chèvres dans un vaste parc où elles ont pour mission de réguler la pousse du chêne kermès et d’empêcher l’embroussaillement. Cette ouverture du milieu est favorable à tout un cortège d'espèces animales et végétales. Lors d'une récente visite, un bruant ortolan y chantait... Tout un symbole pour cette garrigue initialement pauvre et fermée. Ces pâturages différents, moins bucoliques mais riches, nous permettent de poursuivre le sens et l'intérêt que nous donnons à la présence des troupeaux dans ce milieu méditerranéen qui en manque tant.

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