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La permaculture et la puissance du lien

La permaculture vise à créer des lieux de vie et des systèmes agricoles inspirés de la nature, du savoir des sociétés traditionnelles et des connaissances scientifiques pour reproduire la diversité, la productivité et la résilience des écosystèmes naturels.

On entend beaucoup parler de permaculture en maraîchage, mais la démarche va au-delà, et propose une approche systémique et efficiente de l’ensemble des systèmes, du potager jusqu’à nos sociétés.

Par Flore Biron-Cercellier

Du potager au jardin intérieur

Ce qui est vachement bien avec la permaculture, c’est qu’on vise le bien, le productif et le beau tout en visant la simplicité et l’économie d’effort. Bon, attention, c’est beaucoup de travail tout ça tout de même ! Il ne suffit pas de semer à la volée carottes, radis, fleurs et mâche en sirotant sa petite infusion maison. L’idée est d’occuper l’espace puisque, c’est bien connu, la nature a horreur du vide. En fait, la nature est notre amie, si si ! et c’est pour protéger le sol que les "mauvaises herbes" s’installent, c’est pour recréer de l’humus et combler les failles que les mousses se développent, etc.

La nature, la vie, c’est le lien. Sans lien, sans échange, la nature meurt.

Le maraîcher permaculturel va donc constamment chercher à créer des liens, des intéractions bénéfiques entre les végétaux : azote de l’un, potasse de l’autre, ombre, lumière, tige pour grimper, couleur pour attirer les insectes, odeur pour en repousser certains... La somme des savoirs est gigantesque ! Le tout pour avoir un système le plus productif possible, respectueux de la nature bien sûr et qui fonctionne en cycles, sans intrants extérieurs et sans déchets. Petit à petit, le système va se renforcer et devenir résilient. Comme nous !

En sortant de notre carré, cultiver son jardin intérieur, trouver son écologie interne peut être aussi renforcé grâce à la permaculture. Travailler sur ses forces, créer des interactions bénéfiques avec ses aspirations et ses activités, ses relations, concevoir son propre système axé sur du positif, faire ce que l’on aime en limitant les efforts peu plaisants… "designer" sa vie en quelque sorte !

Et en entreprise ?

Ce qui est re-vachement bien avec la permaculture, c’est qu’on n’a pas besoin de jardin pour devenir jardinier.

Beaucoup de coachs professionnels utilisent les outils de la permaculture pour accompagner les individus ou les équipes vers un design personnel et professionnel, juste et éthique. Beaucoup d’architectes s’inspirent des grands principes permaculturels pour construire des maisons bioclimatiques adaptées aux lieux, aux âges, aux moyens. Beaucoup de dirigeants, les vrais, ceux qui permettent à chacun de s’épanouir en donnant le meilleur de lui-même, en gros : les bons managers, ceux qui font un boulot génial et dont on n’entend pas parler, ils sont les jardiniers des entreprises ! Ils font pousser en bonne harmonie avec la culture de la société, ils détectent les talents de chacun et les placent sur leurs points forts, ils créent des liens dans les équipes qu’ils mettent en place pour que chacun grandisse à son rythme en s’enrichissant de l’autre. Ils rayonnent pour donner l’énergie et transforment les contraintes en opportunités.

Un mythe ? Non, on en connait tous au moins un. Des hommes et des femmes extraordinaires ? Non, des jardiniers qui ont d’abord commencé par cultiver leur propre parcelle, petit à petit, en faisant plein d’erreurs, et qui continuent d’observer beaucoup et d’apprendre.

"Le meilleur engrais au potager est l’ombre du jardinier".

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