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J’ai testé pour vous… le MOOC Zéro Déchet !


Jusqu'au 30 novembre 2019, l’Université des Colibris propose en partenariat avec l’association Zéro Waste France, une formation gratuite en ligne : le MOOC Zéro Déchet. L’objectif ? comprendre les impacts environnementaux, sociaux et économiques des 570 kg de déchet que chacun d’entre nous produit par an. Mais aussi passer à la pratique dans son quotidien pour faire baisser ce chiffre. J’ai donc suivi pour vous en avant première les 12h de formation en ligne…



- Ce que j’ai préféré

La légèreté de l’itinéraire et la densité des contenus ! Un gros apport théorique et scientifique côtoie une possibilité de passer à l’action… Comment ? Grâce à :

  • des trucs et astuces (méthodes de tri et de rangement, recettes et guides, tutoriels pour faire soi-même ses produits, exemples de low-tech faciles, conseils pour anticiper le refus du déchet…)
  • des applications (geev, to good to go, optimiam, frigo magic...)
  • des objets parfois… incongrus (oriculi, « cup », films de conservation non jetables à la cire d’abeille, tawashi, savon noir magique…)
  • des associations (Zero Waste France, Emmaüs, le réseau des Ressourceries)
  • des figure inspirantes : Jérémy Pichon, Baptiste Monsaingeon, Laura Chatel, Maxime Efoui-Hess…

Et le mieux, c’est que si on sait pas comme s'y prendre seul, on peut rencontrer d'autres gens qui veulent aussi tester des pratiques, grâce aux rencontres locales !

- Le chiffre que je retiens

Chaque français produit 570kg de déchet par an : une première dans notre histoire ! On n'a jamais autant produit de déchets, et ils n'ont jamais été aussi invisibles...

- La phrase choc du MOOC

Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas ! Parce que oui, ce que je décide de ne pas consommer, c’est ce que je n’aurai pas à jeter ni à produire... Or les poubelles remplissent des décharges et des incinérateurs qui polluent et coûtent cher :

  •  32 % de nos déchets finissent à l'incinération 
  •  26 % (seulement) sont recyclés 
  •  26 % sont mis en décharge
  •  16 % sont compostés

- La lettre star

Le R ! R comme un fil d'Ariane le long de ce cheminement :

  • Refuser – tout ce dont nous n’avons pas besoin :jetable, prospectus, surconsommation etc. et ne change rien à notre façon de vivre ;
  • Réduire – vivre avec moins de choses autour de soi
  • Réemployer et Réutiliser – mettre fin au jetable pour privilégier des objets réutilisables, se faire prêter, fabriquer etc. 
  • Recycler – bien qu'il faille toujours garder en tête que le recyclage ne se substitue pas à un déchet qui aurait pu être évité
  • Redonner à la terre – comme le fait la nature...

- La question que je me posais depuis longtemps et à laquelle on a enfin répondu

Pourquoi est-ce à moi de faire l’effort de réduire mes déchets, alors que je pollue des centaines de fois moins que les grosses entreprises par exemple ? Aline Gubri y répond en trois temps. Réduire ses déchets à l'échelle individuelle permet :

  • la réduction des impacts environnementaux directs, même sur quelques tonnes
  • la réduction des impacts environnements indirects : la consommation détermine l’offre, qui changera ses pratiques en fonction de la demande
  • de mettre une pression sur l'échelon politique

Alors oui, je crois que s’attaquer à la crise des déchets implique d’agir à différentes échelles : l'échelle individuelle et, sans surprise, l'échelle collective...

- Ce que je n’imaginais pas 

Quand on parle de déchets, on parle aussi de consommation de ressources naturelles et de climat. Ce que je décide de ne pas consommer, c’est ce que je n’aurai pas à... produire ! Réduire les déchets, c’est donc agir en même temps pour

  •  réduire les pollutions
  • préserver les ressources
  • contribuer à limiter les changements climatiques

- L’animal que je ne voyais pas

Derrière chaque objet se trouve une montagne de ressources ou matières premières – on appelle ça le "sac-à-dos écologique". C'est-à-dire le coût caché derrière chacun des objets que nous utilisons.  Pour calculer ce coût, il suffit de faire une analyse de cycle de vie qui mesure ce que coûte la production d'un objet du fait de l'extraction des matières premières, sa mise en forme, son assemblage, sa distribution, son utilisation et sa fin de vie avec un recyclage éventuel. Par exemple, la production d'un téléphone intelligent de 5 pouces nécessite 133kg matière première et 33kg CO2.

En France, chaque foyer possède 2,5t d'objets. Mais si l'on calcule le sac-à-dos écologique de ces 2,5t, chaque foyer pèse 45t... soit l'équivalent de 8 gros éléphants !

- Le mythe qui s’est effondré

Le recyclage ! Loin d’être la solution miracle, il empêche de poser question fondamentale de la sobriété et ne remet pas en question de la surconsommation. Et puis le recyclage ne considère le produit qu’en aval, sans poser la question des consommations en amont. En outre, il n'est pas du tout efficient :

  •  même quand il se recycle, un produit est rarement recyclable de façon illimité ; 
  •  le recyclage consomme toujours de l'énergie, beaucoup d'énergie ! et donc des ressources pour produire cette énergie ;
  •  il faut que le tri à la source soit précis pour que le recyclage fonctionne à peu près bien. Or celui-ci est peu clair : les consignes de tri varient suivant les collectivités locales, et donc les villes. Et tous les citoyens ne sont pas exemplaires ;
  •  quand on sait que ça se recycle, ça peut pousser à consommer plus. Donc encourager le recyclage peut générer l'effet rebond suivant : plus c'est recyclé, plus c'est consommé, et en fait plus ça coûte à la planète !

- Ce que je peux éviter

Sur les 72kg de nourriture que je jette par an comme chaque français, je peux en éviter la moitié très facilement... Comment ? En respecter les saisons, en mangeant local et/ou en circuit court, en cuisinant les légumes, en gérant les restes, en achetant la juste dose, en conservant bien les aliments… Le gaspillage alimentaire est le troisième pollueur du monde : 1/3 de toute la nourriture produite dans le monde est jetée, soit grosso modo 1,3 milliard de tonnes.

- Ce que je trouve quand même très fort

C’est que chacun a sa porte d’entrée dans la question du déchet : l'envie de prendre soin de sa santé, de défendre une vision politique, de préserver les écosystèmes, le fait qu'un incinérateur arrive à 100m de chez soi et que l'on se rende compte de l'absurdité de la gestion des déchets, l'envie de faire des économies… Cela montre l'universalité de cette problématique !

- La figure qui m’a le plus inspirée

Eugénie, designer de formation et cheffe de projet Les Résilientes pour Emmaüs Alternatives. Un studio de création de réemploi au service de l’insertion… 

Les Résilientes un studio de création dans Emmaüs Alternatives

- Le défi que j’ai relevé

Le défi "Réduire vos déchets dans la salle de bain !" J'ai remplacé mes cotons tiges par un oriculi, ma brosse à dents par une brosse à dents rechargeable, et je me suis même mise au shampoing solide...

- Ce qui m’a soulagée

C’est que le zéro déchet, qui me semblait quand même difficile à atteindre, n’est pas l’horizon absolu ! Ce que je retiens en revanche, c'est qu'on peut facilement réduire de beaucoup ses déchets…

- Ce à quoi je ne m’attendais pas

Une fiche des conseils pour parler de ses nouvelles pratiques à son entourage sans faire peur ni passer pour une andouille…


Le MOOC Zéro Déchet

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Impossible de creer son compte pour s'inscrire au mooc. Et' vue nombre de commentaires dans ce sens, on est plusieurs dans ce cas.
Colibris et zero wasge contactés mais pas de réponses !

A soixante-dix ans, il n'est pas toujours facile de refaire son éducation, mais cela fait déjà des années que je suis sensible à tout ce qui touche notre environnement. Vos articles, très variés, me donnent des idées pour mieux faire. Je remercie toute l'équipe de Colibri.