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Trouver des solutions contre l’épuisement est essentiel pour les associations de nos jours. On vous explique pourquoi et comment l’anticiper, en s’inspirant de Dame nature. Et si on écoutait enfin le craquement des branches ?

Petit manuel du militant·e en bonne santé

Trouver des solutions contre l’épuisement est essentiel pour les associations de nos jours, de plus en plus fréquemment confrontées à ce phénomène. On vous explique pourquoi et comment l’anticiper, en s’inspirant de Dame nature. Et si on écoutait enfin le craquement des branches ?

Se protéger des tempêtes à vénir en cinq étapes

Du point de vue individuel comme sur le plan collectif, l’épuisement laisse des traces. En effet, il peut engendrer des risques pour la santé physique (troubles cardiovasculaires, douleurs musculaires, fatigue chronique) ou mentale (dépression, syndrome de l’imposteur) des individus. Mais ce n’est pas tout : des militant·es épuisé·es ont tendance à se remettre en question, voire à douter de leur engagement à terme. Celui-ci devient alors un fardeau au lieu d’être une source de sens. Les conséquences sont lourdes pour la communauté : turnover des bénévoles, perte de savoir-faire, affaiblissement des actions etc.

Et la société ? Elle se prive de ces forêts associatives qui, pourtant, la protègent des tempêtes à venir.

Pour cultiver le bien-être des militant·es, voici quelques conseils pratiques, inspirés par la nature et adaptés à la réalité militante :

  • Déléguer : Une forêt ne pousse pas avec un seul arbre. Apprenez à partager les tâches et à faire confiance.
  • Célébrer : Comme on arrose après la pluie, félicitez chaque petite victoire. La reconnaissance est un engrais puissant.
  • Dire non : Même les plus belles plantes ont besoin de taille. Fixez des limites à votre engagement.
  • Écouter son corps : Si la terre est sèche, il faut arrêter de creuser. Faites des pauses, respirez.
  • Gérer les conflits : Traitez-les de manière structurelle, pas seulement interpersonnelle. Un conflit mal géré est comme un parasite : il risque de vous étouffer.

"Se réapproprier le sens politique de l'action collective"

« Plus un territoire développe ces communs relationnels, plus ses collectifs deviennent résilients. » – Bérénice Dondeyne

Selon Bérénice Dondeyne, co-présidente du MES France : « Prévenir l'épuisement militant ne relève pas uniquement du bien-être individuel ou de la qualité de la gouvernance interne. C'est aussi une question de capacité collective à organiser, coopérer, à mutualiser les ressources et à reconnaître les richesses immatérielles produites par les associations et coopératives. Plus un territoire développe ces communs relationnels, plus ses collectifs deviennent résilients. »

Elle apporte plusieurs éclairages :

- Les associations produisent des richesses immatérielles souvent invisibles : confiance entre acteur.ices, savoir-faire collectifs et apprentissages, montée en compétences, culture commune, capacité d'entraide et réseau, pouvoir d'agir et transformation sociale, modification des cadres réglementaires.

- La coopération est un levier concret de prévention de l'épuisement, car en mutualisant les pratiques et certaines fonctions (animation, communication, financements, outils, formations...), cela réduit considérablement la charge portée par chaque collectif.

Ce socle de richesses produites par les associations constitue une véritable infrastructure de résilience de nos territoires. Plus encore, les coopérations ne servent pas uniquement à être plus efficaces mais surtout à retrouver du pouvoir d'agir, une force commune pour s’investir durablement.

Pour Bérénice Dondeyne, « Coopérer pour durer signifie mutualiser les ressources, reconnaître les richesses immatérielles et se réapproprier le sens politique de l'action collective. »

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