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Dans nos groupes locaux, des bénévoles s’arrêtent, d’autres hésitent à nous rejoindre. Pourtant, nous prenons soin d’appliquer plusieurs règles : CNV, gouvernance partagée, régulations etc. Pourquoi ces outils ne suffisent-ils pas à éviter l'épuisement ?

Quand les racines craquent : l’épuisement militant dans le viseur de notre Recherche-action

L’épuisement des bénévoles est au cœur des préoccupations des mouvements militants, alors que le contexte socio-politico-économique français se tend de plus en plus. Chez Colibris, nous ne sommes pas épargné·es : c’est pourquoi nous avons décidé de prendre le taureau par les cornes. Explications.

À la genèse du projet : observer et écouter le terrain 

Dans nos groupes locaux, quelque chose grince. Des bénévoles s’arrêtent, d’autres hésitent à nous rejoindre. Pourtant, chez Colibris, nous prenons soin d’appliquer plusieurs règles pour cultiver la bienveillance : CNV (Communication non-violente), gouvernance partagée, tours de météo avant et après chaque réunion, régulations… Alors pourquoi ces outils, aussi précieux soient-ils, ne suffisent-ils pas (parfois) à éviter l’épuisement ?

Parce que l’épuisement militant n’est pas une question de méthodes, mais de contexte, avec son lot de pressions politiques, économiques et sociales. Nous l’avons constaté : même les collectifs les plus attentionnés peuvent reproduire, sans s’en rendre compte, des dynamiques qui usent. D’ailleurs, nous y avons dédié notre précédente lettre et plusieurs articles sur le sujet.

 

Quelques chiffres clés :

 

Le Mouvement Colibris a donc décidé de se saisir très sérieusement de cette question d’épuisement militant car elle nous touche structurellement mais aussi nos associations partenaires. En effet, c’est tout notre écosystème d’ESS (Économie Sociale et Solidaire) qui est concerné, et la sphère militante dans sa globalité. C’est pourquoi nous avons choisi d’écouter le terrain.

Soutenir les bénévoles et transformer les organisations 

En partenariat avec le Mouvement pour l’Économie Solidaire (MES), Allumeuses et des chercheur·ses en sciences sociales, notamment Jean-Louis Laville du CNAM, ainsi qu’au soutien financier du Fonds de Développement de la Vie Associative (FDVA), nous menons depuis 2024 un projet de Recherche-action participative visant à identifier les faiblesses structurelles des organisations de la transition et trouver des leviers pour les dépasser. Avec un objectif bien défini : comprendre comment mieux outiller nos bénévoles et nos groupes locaux pour qu’ils·elles s’épanouissent dans leur rôle militant. 

Notre méthodologie ?

  • Des Agoras pour aérer le sol des débats et permettre à chacun·e de s’exprimer.
  • Des conférences gesticulées et des ateliers pour partager des savoir-faire et des bonnes pratiques.
  • Un accompagnement scientifique pour analyser les écueils et les bonnes pratiques.

Avec quatre leviers pour transformer les organisations :

  • Requestionner le sens : Réaffirmer l’utilité sociale et engager une transformation locale.
  • Compagnonnage pair-à-pair : Échanger des bonnes pratiques pour se renforcer mutuellement.
  • Mutualisation socio-économique : Créer des alliances pour partager ressources et savoir-faire.
  • Vision politique commune : Co-construire une ambition partagée pour la transition.


Caroline, bénévole en charge de la communication au sein du groupe local du Mesnil-Saint-Denis, témoigne : "Notre défi est de gérer une multitude de sujets sans s’épuiser et de parvenir à coopérer avec les acteur·rices du territoire. En effet, on a de nombreux·ses bénévoles avec beaucoup d’idées et on a du mal à nous organiser. L’animation et la coordination sont souvent gérées par les mêmes personnes, ceci fragilise le groupe dans la durée. Ces ateliers nous ont donc permis de prendre conscience des manifestations que pouvait prendre le burn-out mais surtout d’identifier des actions parfois très simples à mettre en œuvre pour améliorer le fonctionnement collectif et le bien-être individuel."

Quant à Cécile, coordinatrice du groupe local de Luchon dans les Pyrénées Hautes-Garonnaises, elle explique comment les ateliers ont permis d'identifier des problématiques complexes de terrain : "Nous agissons sur un territoire rural de montagne marqué par le surtourisme et confronté au changement climatique : les niveaux d’enneigement baissent, les glaciers disparaissent... Notre défi est de faire émerger une vision de l’avenir du territoire pour s'adapter à ces changements. La réflexion collective de cette Recherche-action nous a permis de comprendre que les difficultés à porter nos projets ne viennent pas de notre organisation ou de nos compétences, mais de la complexité des enjeux locaux et de notre capacité à coopérer avec diplomatie."

➔ Pour en savoir plus, vous pouvez consulter un ancien article sur le sujet ici


Le projet de Recherche-action participative est porté et soutenu par : 

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