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Devenir soi–même producteur d'électricité

Nul n'ignore à ce jour le poids de la filière électro – nucléaire et de l'opérateur historique, l'EDF, dans la production d'électricité en France. Programme du CNR, héritage gaulliste, volonté d'indépendance, goût prononcé du monopole d’État censé garantir l'intérêt général, fruit de la double crise du pétrole de 1973 – 1974 et 1979.

Cette  politique  s'est  traduite  concrètement  par  une  insuffisante  diversification  de  notre  mix énergétique tant les investissements nécessaires au développement de nos champions nationaux ont été importants sur une très longue période de temps. La France bénéficie de fait à ce jour de compétences avérées et reconnues dans le monde entier dans le domaine du nucléaire civil : nul ne le conteste.

A  ce  jour  le  diagnostic  est  néanmoins  de  plus  en  plus  partagé :  le  recours  aux  énergies renouvelables s'impose avec force tant l'impact négatif des gaz à effet de serre et la question non résolue de la dangerosité des déchets nucléaires sont devenus des évidences. Sans parler du coût de la destruction des centrales les plus anciennes et de la création de nouvelles centrales.

La catastrophe de Fukushima et la décision historique des pouvoirs publics allemands de fermer leurs derniers réacteurs en 2022, et de mettre hors service la plus grande partie des dix-sept réacteurs allemands d'ici à fin 2021, devraient permettre de renforcer cette prise de conscience en France : il existe des alternatives crédibles, viables. La recherche en France et en Europe en ce domaine précis doivent être impérativement encouragées.

Devenir soi – même producteur d'électricité peut également contribuer, à l'échelle locale, à faire bouger les lignes par une sorte d'effet d'entraînement. Des solutions existent malgré un environnement réglementaire assez instable en France en ce qui concerne notamment le solaire photovoltaïque du fait des difficultés financières et budgétaires auxquelles nos économies occidentales sont hélas confrontées depuis 2008.

Quel impact sur le territoire ?

Modèle actuel
Modèle proposé
Dépendance  vis  –  à  –  vis  du  nucléaire  et  de l'opérateur historique national
Décentralisation de la production
Gaspillage de ressources limitées (l'uranium, le gaz, le pétrole, le charbon)
Limitation de l'impact de la production sur l'environnement (réduction des gaz à effet de serre, réduction de la quantité de déchets toxiques)
Gestion du risque aléatoire
Réduction des risques potentiels par une multiplication de lieux de production
Faible  appropriation  citoyenne  des  questionsénergétiques, forte centralisation
Démarche  éco  –  citoyenne,  responsabilisation des consommateurs


 

 

 

 

 


 

 

 


Comment devenir producteur d'électricité solaire photovoltaïque ?

La  démarche  suppose  une  réelle  implication  personnelle  (contacts  divers,  entretiens téléphoniques, courriels, courriers, visites techniques au domicile) malgré de réels efforts des entreprises de la filière qui ont tout intérêt à ce que le client - producteur potentiel se sente soutenu dans un environnement que l'on peut encore qualifier à ce jour de complexe et de relativement flottant du fait des atermoiements des pouvoirs publics.

Les transitions énergétiques prennent du temps : raison de plus de ne pas tarder...

Louer son toit

La solution la plus simple et la moins onéreuse est la location de toiture. Le producteur ne fournit pas de capital pour financer les travaux, il prête sa toiture et ne récupère d'argent qu'au terme d'une période intermédiaire d'environ 10 ans. 

La démarche proposée ici passe par l'installation par un prestataire privé compétent et qualifié (label QualiPV) sur la toiture du producteur - propriétaire de panneaux solaires photovoltaïques qui transforment directement la lumière en électricité (à ne pas confondre avec les panneaux thermiques dont la seule vocation est de produire de l'eau chaude). Celle – ci est directement réinjectée dans le réseau par l'intermédiaire d'un onduleur qui transforme le courant continu en courant alternatif. La production est établie et arrêtée à l'aide d'un compteur producteur installé en limite de propriété.

Le recours à un intermédiaire dans le cadre de la location de toiture évite au producteur potentiel d'avoir à prendre en charge un certain nombre de démarches administratives qui ont été au demeurant ces dernières années simplifiées à la demande des professionnels.

Le choix du prestataire incombe au producteur dans le cadre d'une offre désormais très concurrentielle. Ne pas hésiter à se renseigner sur la structure pressentie auprès du Syndicat des Energies Renouvelables ou de l'Espace Info Energie le plus proche de son domicile.

Le choix de l'emplacement (qui est fonction de l'ensoleillement), de la puissance (elle est rarement de plus de 3 kWc chez un particulier) est arrêté en lien étroit avec le prestataire retenu.

Celui – ci dépose une « déclaration préalable » à la mairie de la commune d'implantation. Le délai d'instruction de la demande est d'un mois, le temps pour l'administration de vérifier que le projet respect les règles d'urbanisme en vigueur.

Il  appartient  également  au  prestataire  de  solliciter  un  certificat  ouvrant  droit  à  l'obligation d'achat auprès de la DRIRE (Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement), de faire établir un contrat de raccordement et de conclure un contrat de rachat avec le fournisseur d'électricité (EDF ou régie locale).

Le propriétaire exploitant se doit d'être particulièrement vigilant sur un certain nombre de points concernant notamment le raccordement : à quelle distance de l'onduleur se situe le compteur consommateur – à côté duquel le compteur producteur devra être installé, une tranchée sera-t-elle nécessaire ? L’étape du raccordement, semble être la plus longue et la plus susceptible de produire du contentieux.

La question de l'assurance de l'installation doit bien sûr être abordée : elle est à la charge de l'exploitant. L'intégration à la toiture fait de l'installation un élément de cette dernière.

Investir dans une installation

Actuellement, équiper sa maison d’une toiture productrice d’électricité reste un geste militant dans le sens où le retour sur investissement est long. On peut estimer le coût total d’une installation standard de 3 kWc aux environs de 10 000 €. L’énergie produite (environ 3000 kWh/an) vendue à EDF (23 c€/kWh par contrat de 20 ans) permet un retour sur investissement de 13 à 14 ans dans les meilleures conditions : intégration au bâti (IAB) et vente de la totalité de l’électricité.
 
L’installation standard est de 3 kWc parce qu’au-delà le taux de TVA sur le matériel et la pose de la centrale passe à 20%.
 
Depuis le 9 mai 2017 un nouveau tarif a été mis en place pour soutenir l’autoconsommation avec vente du surplus.

Il n’est plus nécessaire de faire un intégration au bâti donc de modifier la toiture existante (pose en surimposition). En conséquence les coûts sont fortement diminués : de l’ordre de 5 200€ TTC pour 2,85 kWc. On peut ajouter la satisfaction de consommer directement une énergie propre.
 
La démarche commence par la recherche d’un installateur compétent et de confiance : il faut se rapprocher d'associations locales ou nationales, ou activer le bouche à oreille  pour avoir les coordonnées d’une bonne entreprise. L'installateur validera votre projet et vous conseillera sur ses différents aspects. Il peut faire toutes les démarches administratives (raccordement au réseau, contrat d’achat, consuel...). 

Attention : la mention QualiPV ou RGE ne suffit pas à garantir la qualité des interventions.
Il faut en outre se méfier des sociétés qui démarchant par téléphone, parfois au nom d’EDF.

Investir dans une installation collective 

Une autre démarche éco-citoyenne est possible en participant financièrement à l'installation d’équipements plus importants sur des bâtiments collectifs privés ou publics. Il s’agit de prendre des parts dans des projets sur de plus grandes toitures (par exemple 30 kWc et 200 m² environ). Des associations et coopératives, habilitées à collecter l’épargne citoyenne se sont constituées pour cela, comme Énergie Partagée.

Quelles sont les structures qui peuvent vous aider ?

SER : Syndicat des Energies Renouvelables  

Le site regroupe les professionnels de la filière
www.enr.fr

ADEME : Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie   

L'agence publique chargée de promouvoir les énergies renouvelables
www2.ademe.fr

QualiPV

Appellation qualité pour les installateurs de systèmes solaires intégrés          
www.qualit-enr.org

MINISTERE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET SOLIDAIRE

Pour tout savoir sur l'énergie solaire (aides, tarifs de rachat...).

www.ecologique-solidaire.gouv.fr

ÉNERGIE PARTAGÉE

Une association et un fonds d'investissement qui a pour but de développer les énergies renouvelables avec les citoyen.ne.s

energie-partagee.org

Enercoop

Fournisseur d'énergie électrique coopératif et écologique, l'alternative aux énergies fossiles et nucléaires
www.enercoop.fr

Association HESPUL

Également appelée Espace Info Énergie du Rhône – Métropole de Lyon. Elle partage ses locaux avec l’Agence Locale de l’Énergie de l’agglomération lyonnaise.
www.hespul.org

GPPEP

Groupement des Particuliers Producteurs d'Electricité Photovoltaïque Groupement des Particuliers Producteurs d'Electricité Photovoltaïque.
www.gppep.org

Label InSoCo

Bureau indépendant de certification
www.insoco.org

Photovoltaïque.info

Site d'information sur l'électricité photovoltaïque
www.photovoltaique.info


Certaines régions apportent une aide supplémentaire. À voir sur le site internet de chaque conseil régional.

Un conseil de lecture :

  • "Vers une Energie Durable", Daniel Clément, Pierre Papon, Editions
  • "Universcience", Le Pommier, octobre 2010

Ils l'ont fait !

« Après avoir lu le livre « Vers une énergie durable » je me suis dit, « pourquoi pas toi ? » En juin 2009, nous venions d’acheter une maison alors je me suis dit que c’était l’occasion. J’ai commencé un parcours assez compliqué, et un jour je suis allée voir un prestataire. Le Technico Commercial de cette entreprise était très professionnel, il a pris des mesures et après tout ça, il m’a dit « vu l’orientation de la toiture, ce n’est pas forcément un bonne idée. » Je dois avouer que ça m’a mis en confiance.
Il m’a rappelé quelques mois plus tard, car GDF Suez a baissé  ses tarifs, cela pouvait alors être intéressant.
Et c’est là que tout a commencé. Cela a été long, parfois difficile.

Le seul moyen d’y arriver est de s’impliquer, ce n’est pas une démarche de consommateur béat. Si on s’imagine qu’il va suffire d’appuyer sur un bouton pour que ça marche, c’est mal parti.

La question du raccordement de l’installation entre les différents compteurs a été la plus difficile. J’ai fini par prendre ma pioche et j’ai creusé moi-même la tranchée. J’ai pu me rendre compte que notre sous-sol était très caillouteux, un peu comme celui de la ferme de Pierre Rabhi, il me semble (rires). Ensuite la régie est venue et cela a débloqué la situation.

Aujourd’hui ça fonctionne, et ma plus grande satisfaction est d’avoir réalisé une « solution locale ». Mais on ne gagne pas d’argent avec ça, cela dit, je n’ai apporté aucun capital, je ne fais que louer ma toiture. Evidemment, plus il y a de surface, plus le prestataire est intéressé.

Cela dit, je me suis promené dans le sud, qui dispose d’un meilleur ensoleillement que dans ma région, mais je trouve qu’il n’y en a pas tant que ça là-bas non plus.
L’argent est bien sur un facteur limitant, mais avec la location de toiture, on limite l’investissement, et je pense qu’il faut prendre le risque. Le mix énergétique est un objectif à long terme. En bougeant même individuellement, les situations évoluent. »

Mathieu Rabian à Dreux (28)